LA TOUR CECID
CHAPITRE 11
ORANGE SUITE
Que signifiait cet étrange dérangement. Certes, il arrive que des téléphones tombent en dérangement. Cependant André avait appris à se méfier. Et il se souvint.
Il avait changé d’appartement car il ne se sentait plus en sureté rue Léonard. Il avait le sentiment qu’on l’avait cambriolé, car certains de ses dossiers, surtout ceux concernant la GMF, avaient disparus. Il y avait beaucoup d’aller et venue dans cet immeuble. Et puis c’est devant cet immeuble qu’on avait desserré les roues de sa voiture en mai 2006.
Le 4 janvier 2007, il emménagea rue Schoëlcher au dessus de la Librairie.
Le 15 janvier 2007, il sortit dans Pointe à Pitre et se rendit à la Place de la Victoire. Il avait l’étrange sensation d’être observé. Il se retourna souvent mais n’aperçut aucun regard hostile. Il se rendit à la poste centrale pour affranchir une lettre et déposa ses clés et son portable sur le comptoir. Il utilisa l’automate pour acheter un timbre puis, il mit sa lettre dans le panier réservé à cet effet. En franchissant la porte du bureau, il se rappela avoir laissé ses affaires sur le comptoir. Il se retourna et fut saisi de stupeur. Rien. Il n’y avait plus rien. Quelqu’un lui avait subtilisé, son portable et ses clés. Il rentra atterré et s’empressa de faire changer la serrure.
Il se souvint aussi de cet étrange appel en provenance de la Sécurité Sociale. De cette femme qui lui parlait de son dossier de retraite. En fait la Sécurité Sociale ne possédait pas son nouveau numéro et lui-même avait encore du mal à le mémoriser. Il s’inquiéta et demanda son nom à son interlocutrice, qui vu son timbre de voix, était certainement une métropolitaine.
Le lendemain, il se rendit à la sécu. Evidemment personne ne portait ce nom, et aucune métropolitaine ne travaillait à la section retraite. De plus lui fit-on remarquer, il était enseignant, c’est donc le Rectorat qui gérait son dossier retraite.
Il se souvint surtout : le 21 juin, il avait raté son avion, suite à un malaise. Le soir il fut harcelé par des coups de fil dont le numéro était masqué. (Finalement, ce n’était que son frère qui cherchait à le joindre).Il ne répondit pas ne voulant pas faire savoir qu’il n’était pas parti. Le lendemain, 22 juin, il appela le 1014 de France télécom et demanda s’il était possible qu’il connaisse l’identité de la personne qui l’avait harcelé toute la nuit. L’homme au bout du fil s’étonna d’un bruit suspect sur sa ligne.
Monsieur, lui dit-il, je suis technicien à France Télécom, j’ai l’habitude de mettre les gens sur écoute. Je vous informe que vous êtes sur écoute. Je ne peux plus vous parler.
Et il raccrocha brutalement. André adressa le jour même une plainte au procureur de La République. Il mentionna avec le plus de précisions possibles, le jour, l’heure et la minute de l’incident avec le 1014. A ce jour il ne reçut aucune réponse.
Alors André se méfiait aujourd’hui de la venue prochaine d’un technicien d’Orange. Auraient-ils oublié quelque chose sur la ligne ? Un micro par exemple ? D’autres incidents maintenaient la méfiance d’André en éveil. Comme quand il décrochait son combiné et qu’il entendait les bruits des locataires qui s’engageaient dans l’escalier ou celui des voitures qui passaient au niveau de la porte.
Comme quand son frère l’appelait sur son portable et que c’est son fixe qui sonnait. Or André, n’avait fait aucun transfert d’appel.
Comme quand sa voix revenait en écho, lorsqu’il appelait de son portable. Une fille qu’il appelait souvent se plaignait aussi de ces retours d’écho. Cela arrivait disait-elle seulement « quand je suis en communication avec toi ». A Digicel et à France Télécom, on l’avait prévenu : « Vous êtes surement victime d’écoutes sauvages ».
Comme le piratage de son ordinateur. Il se souvint. Chaque matin, il partait et naturellement son ordinateur était en veille. Il s’étonnait à son retour de le trouver allumer. Pourtant souvent son ordinateur le prévenait de la présence d’un intrus. Mais peu au fait des choses informatiques, il n’en tenait pas compte. Il comprit enfin le jour où pour cause de congé, il fut obligé de rester chez lui. L’ordinateur s’alluma tout seul et ses dossiers défilaient devant ses yeux. Le nettoyage de l’appareil lui coûta cher. Mais qu’est ce qu’il voulait et pourquoi tant d’acharnement, plutôt que de négocier un accord honorable ? A un homme qui s’est battu pendant huit ans contre le groupe Loret, et qui aurait finalement gagné son procès, André demanda la raison de ces couteuses méthodes. Pour lui, c’est de la pure méchanceté. Ils ont de l’argent à jeter par la fenêtre. Ce ne sont pas de vrais capitalistes. Un vrai capitaliste aurait déjà négocié, comme en Angleterre, n’aurait pas dépensé tant d’argent pour abattre un seul homme. Et peut-être parce qu’ils ne supportent pas que ceux qu’ils considèrent comme des descendants d’esclave s’opposent à eux.
André se promit d’être attentif au travail du technicien, aujourd’hui ou demain peut-être. . Mais comme il fallait si attendre le technicien n’est pas intervenu : il est18:21:34, ce samedi 6 décembre 2008. Je reproduis le message d’Orange : « De 93004. 05/12/2008, 10:04 France Telecom-Orange traite votre demande, un technicien interviendra sur le réseau au plus tard le Samedi 6 Decembre avant18H00. ».
lundi 1 décembre 2008
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