Tu étais l’aîné Pierrot et tu es parti. C’est un peu comme si le père mourrait une seconde fois. Nous voilà à nouveau orphelins.
Ce matin pour t’accompagner une dernière fois, j’ai voulu cirer mes chaussures et je t’ai entendu te moquer de moi.
- « Tu n’as jamais ciré tes chaussures, me disais-tu, tu ne vas pas commencer aujourd’hui ».
- «Pierrot, Tu exagères un petit peu, je l’ai fait quelquefois ! »
J’ai entendu ton rire et j’ai ri aussi … et puis et puis… j’ai pleuré. Car j’ai compris que ce rire, jamais plus je ne l’entendrai.
Tu aurais pu vivre encore un peu Pierrot. Car tout cela est bien subit. Toi si prévenant, si aimable, tu nous laisses en plan. Partir comme ça sans crier gare, c’est pas des manières, c’est pas ta manière. Laisse moi te dire Pierrot, pour une fois, juste cette fois-ci, tu as manqué de savoir vivre.
Nous sommes malheureux Pierrot. Nous, Lilie ta femme et tes enfants ; nous, tes frères et sœurs ; nous tes amis et collègues. Nous sommes malheureux… Mais à la vérité, ce n’est pas nous les plus malheureux. Les plus malheureux, ce sont tous ceux qui n’ont pas eu le bonheur de te connaître. A nous, il reste ton souvenir, ton éternelle et chaleureuse présence.
Pour finir Pierrot je te dirai le plus merveilleux des poèmes :
« L’ETERNEL est mon berger ; je ne manquerai de rien.
Il me fait reposer dans de verts pâturages.
Il me dirige vers des eaux paisibles.
Il me conduit dans les sentiers de la justice à cause de son nom.
Quand je marche dans la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi :
Ta houlette et ton bâton me rassurent.
Oui le bonheur et la grâce m’accompagneront tous les jours de ma vie,
Et j’habiterai dans la maison de l’ÉTERNEL,
Jusqu’à la fin de mes jours. »
vendredi 31 octobre 2008
LA TOUR CECID 4 CHAPITRE 2 JOYEUX NOEL
LA TOUR CECID
CHAPITRE 2
JOYEUX NOEL
Deux petits garçons dévoraient des yeux le distributeur de soda de la boulangerie du Boulevard Chanzy. André pris le plus petit par la main et lui demanda de choisir une pâtisserie dans la vitrine. Il préféra la cannette de soda. Le grand frère réclama aussi son soda. Le père à coté remercia chaleureusement André :
n Ce n’est rien, c’est Noël !
C’était le troisième Noël qu’il passait sans ses enfants. Depuis ce jour d’avril 2004 où sa femme péta littéralement les plombs. Il avait refusé de garder Gaby à la maison et l’instant d’après des bibelots et de la vaisselle volaient à travers la salle à manger. Et dans la soirée après avoir retiré Emma de la crèche et les deux autres de leur école, elle était à Ducos en Martinique auprès de l’auteur du mal qui la rongeait depuis des années. Il ne les revit que trois semaines plus tard…
André décida d’oublier. C’était Noël. Il rentra chez lui, dans ce minable meublé qu’il occupait depuis septembre 2005. Il eût honte de penser cela, car le propriétaire avait été si compréhensif envers lui, si gentil. Il était arrivé là, la veille de la mort de son frère Pierre* et se souvint qu’il aurait sombré dans le désespoir, s’il avait appris cette nouvelle dans la solitude de Bonfils. Il regretta encore cette mauvaise pensée et se mit sur son trente et un.
Dans la rue sombre, il jeta un coup d’œil autour et vérifia les roues-avant de la voiture de location. Depuis le 31 mai 2006, il vérifiait toujours attentivement les roues des voitures qu’il louait. Car il savait qu’ils n’avaient pas hésité à tenter de le tuer en faisant desserrer les roues de sa voiture. DIEU l’avait protégé ce jour là. IL démarra à la recherche d’un lieu où s’étourdir, où oublier.
Il prit la direction du Gosier et traversa au ralenti le Carénage étrangement désert ce soir de réveillon. Sans doute elles aussi réveillonnaient. Celles qui restaient, n’avaient sans doute pas trouvé preneurs. L’une d’elles lui proposa ses services. Il la remercia poliment et s’éloigna vers Grand Bay. André avait un grand respect pour ces filles dont il reconnaissait l’utilité sociale. Il aimait parodier Brassens à leur propos. Ne leur jeter pas la pierre, racontait-il, car elles pourraient se baisser pour l’éviter. Alors c’est lui qui, derrière elles en train de négocier leurs services la recevrait en pleine poire. Sa belle-sœur l’avait accusé de l’avoir traité de putain. Il s’était défendu en protestant qu’il n’avait jamais traité une femme de putain et que sa belle-sœur ne pouvait être une putain, car jamais il n’avait vu une putain frapper sa mère pour l’obliger à garder ses enfants pour aller tromper son mari. Comme c’était le cas de sa belle-sœur. Vu le désert sentimental dans lequel son cœur se desséchait, il pourrait avoir besoin de leurs soins. Il avait décidé de n’entreprendre aucune liaison sentimentale tant que son divorce ne serait pas prononcé et que certains problèmes ne soient résolus. Et puis il était si difficile dans le choix de ses femmes. Déjà qu’il s’était trompé deux fois. De toutes façons les femmes qui lui plaisaient étaient déjà prises. Et puis les rares qui n’étaient pas prises, s’interrogeaient sur lui. S’il ne disait rien, elles le soupçonnaient des pires turpitudes. S’il parlait, elles s’enfuyaient à l’histoire d’un type à la vie si compliquée. Il se demanda s’il ne devait pas fréquenter une étrangère. La barrière de la langue lui éviterait d’avoir à se raconter. Lili, par exemple, la chinoise avec laquelle il avait dansé tout l’été à Paris. Il se souvint qu’on l’avait cambriolé et qu’on lui avait dérobé même sa photo, et son visage s’estompait dans son souvenir. Cela l’attrista encore plus. Il arrivait à Grand Bay.
El TYPICO ! Le bar restaurant était tenu par un Dominicain qu’il prit pour un Guadeloupéen. C’est curieux comme les hommes de Saint Domingue ressemblent aux Guadeloupéens. Les filles, elles, étaient plus typées. On lui proposa un repas de fête. Il accepta bien que n’ayant pas faim. Il avait pris l’habitude de ne pas dîner. Mais c’était Noël. L’une des filles l’entreprit ; il joua le jeu. Il offrit du champagne, il était Guadeloupéen que diable. Un ami indépendantiste lui avait reproché de ne pas l’être parce qu’il se disait Français. Il l’avait scandalisé par sa réponse : Comment ça, je ne suis pas Guadeloupéen ? Connais-tu quelqu’un qui boive plus de champagne que moi ?
Il réclama du zouk à la place de la musique latino-américaine que vociféraient les baffles et dansa, dansa… Il s’était découvert depuis sa séparation une passion pour la danse et pensa de nouveau à Lili. Ils pénétraient dans la discothèque avenue de Clichy à 22 heures et ne perdaient pas une minute. Vers les cinq heures du matin le portier les regardait partir, soulagé de pouvoir fermer.
Vers les trois heures du matin il décida de rentrer ; d’autres clients fans de salsa avaient pris possession de la petite piste de danse. Au moment de payer, il s’aperçut que le patron avait majoré le prix des 2 bouteilles de champagne de 20 €. Il allait protester mais c’était Noël n’est-ce pas ? Et puis c’était l’argent de la GMF…
Il vérifia les roues de sa voiture, rentra chez lui, s’endormit comme une masse. Demain matin, il n’irait pas ranger le pain.
http://andrecharles.blogspot.com/
CHAPITRE 2
JOYEUX NOEL
Deux petits garçons dévoraient des yeux le distributeur de soda de la boulangerie du Boulevard Chanzy. André pris le plus petit par la main et lui demanda de choisir une pâtisserie dans la vitrine. Il préféra la cannette de soda. Le grand frère réclama aussi son soda. Le père à coté remercia chaleureusement André :
n Ce n’est rien, c’est Noël !
C’était le troisième Noël qu’il passait sans ses enfants. Depuis ce jour d’avril 2004 où sa femme péta littéralement les plombs. Il avait refusé de garder Gaby à la maison et l’instant d’après des bibelots et de la vaisselle volaient à travers la salle à manger. Et dans la soirée après avoir retiré Emma de la crèche et les deux autres de leur école, elle était à Ducos en Martinique auprès de l’auteur du mal qui la rongeait depuis des années. Il ne les revit que trois semaines plus tard…
André décida d’oublier. C’était Noël. Il rentra chez lui, dans ce minable meublé qu’il occupait depuis septembre 2005. Il eût honte de penser cela, car le propriétaire avait été si compréhensif envers lui, si gentil. Il était arrivé là, la veille de la mort de son frère Pierre* et se souvint qu’il aurait sombré dans le désespoir, s’il avait appris cette nouvelle dans la solitude de Bonfils. Il regretta encore cette mauvaise pensée et se mit sur son trente et un.
Dans la rue sombre, il jeta un coup d’œil autour et vérifia les roues-avant de la voiture de location. Depuis le 31 mai 2006, il vérifiait toujours attentivement les roues des voitures qu’il louait. Car il savait qu’ils n’avaient pas hésité à tenter de le tuer en faisant desserrer les roues de sa voiture. DIEU l’avait protégé ce jour là. IL démarra à la recherche d’un lieu où s’étourdir, où oublier.
Il prit la direction du Gosier et traversa au ralenti le Carénage étrangement désert ce soir de réveillon. Sans doute elles aussi réveillonnaient. Celles qui restaient, n’avaient sans doute pas trouvé preneurs. L’une d’elles lui proposa ses services. Il la remercia poliment et s’éloigna vers Grand Bay. André avait un grand respect pour ces filles dont il reconnaissait l’utilité sociale. Il aimait parodier Brassens à leur propos. Ne leur jeter pas la pierre, racontait-il, car elles pourraient se baisser pour l’éviter. Alors c’est lui qui, derrière elles en train de négocier leurs services la recevrait en pleine poire. Sa belle-sœur l’avait accusé de l’avoir traité de putain. Il s’était défendu en protestant qu’il n’avait jamais traité une femme de putain et que sa belle-sœur ne pouvait être une putain, car jamais il n’avait vu une putain frapper sa mère pour l’obliger à garder ses enfants pour aller tromper son mari. Comme c’était le cas de sa belle-sœur. Vu le désert sentimental dans lequel son cœur se desséchait, il pourrait avoir besoin de leurs soins. Il avait décidé de n’entreprendre aucune liaison sentimentale tant que son divorce ne serait pas prononcé et que certains problèmes ne soient résolus. Et puis il était si difficile dans le choix de ses femmes. Déjà qu’il s’était trompé deux fois. De toutes façons les femmes qui lui plaisaient étaient déjà prises. Et puis les rares qui n’étaient pas prises, s’interrogeaient sur lui. S’il ne disait rien, elles le soupçonnaient des pires turpitudes. S’il parlait, elles s’enfuyaient à l’histoire d’un type à la vie si compliquée. Il se demanda s’il ne devait pas fréquenter une étrangère. La barrière de la langue lui éviterait d’avoir à se raconter. Lili, par exemple, la chinoise avec laquelle il avait dansé tout l’été à Paris. Il se souvint qu’on l’avait cambriolé et qu’on lui avait dérobé même sa photo, et son visage s’estompait dans son souvenir. Cela l’attrista encore plus. Il arrivait à Grand Bay.
El TYPICO ! Le bar restaurant était tenu par un Dominicain qu’il prit pour un Guadeloupéen. C’est curieux comme les hommes de Saint Domingue ressemblent aux Guadeloupéens. Les filles, elles, étaient plus typées. On lui proposa un repas de fête. Il accepta bien que n’ayant pas faim. Il avait pris l’habitude de ne pas dîner. Mais c’était Noël. L’une des filles l’entreprit ; il joua le jeu. Il offrit du champagne, il était Guadeloupéen que diable. Un ami indépendantiste lui avait reproché de ne pas l’être parce qu’il se disait Français. Il l’avait scandalisé par sa réponse : Comment ça, je ne suis pas Guadeloupéen ? Connais-tu quelqu’un qui boive plus de champagne que moi ?
Il réclama du zouk à la place de la musique latino-américaine que vociféraient les baffles et dansa, dansa… Il s’était découvert depuis sa séparation une passion pour la danse et pensa de nouveau à Lili. Ils pénétraient dans la discothèque avenue de Clichy à 22 heures et ne perdaient pas une minute. Vers les cinq heures du matin le portier les regardait partir, soulagé de pouvoir fermer.
Vers les trois heures du matin il décida de rentrer ; d’autres clients fans de salsa avaient pris possession de la petite piste de danse. Au moment de payer, il s’aperçut que le patron avait majoré le prix des 2 bouteilles de champagne de 20 €. Il allait protester mais c’était Noël n’est-ce pas ? Et puis c’était l’argent de la GMF…
Il vérifia les roues de sa voiture, rentra chez lui, s’endormit comme une masse. Demain matin, il n’irait pas ranger le pain.
http://andrecharles.blogspot.com/
mardi 28 octobre 2008
LA TOUR CECID 3 CHAPITRE 1 L'ANTRE DU DIABLE
LA TOUR CECID
CHAPITRE 1
L’ANTRE DU DIABLE
Le réveil de son portable avait sonné 3h 30. Mais il était réveillé depuis ¾ heure déjà. Il l’avait programmé pour 3h30 afin de ne pas se réveiller à 2 heures. Il avait pris l’habitude de se réveiller très tôt, car il n’aimait pas dormir. Il n’aimait pas dormir car il n’aimait pas rêver. Il n’aimait pas rêver car ses rêves n’étaient pas des rêves. Sa petite EMMA…
Il s’assit sur son lit et pria. C’est la première chose qu’il faisait chaque matin. Il demandait à Dieu de protéger ses enfants, sa petite EMMA et lui-même. Ensuite il allumait sa cafetière car il aimait l’odeur du café qui lui rappelait sa mère. Il allumait son PC pour suivre le débat entre Jacques Julliard du Nouvel Obs et Luc Ferry l’ancien ministre de l’éducation qui avait remplacé Claude Imbert du Point. C’était comme toujours un débat enrichissant qui le consolait des bavardages stériles des éditorialistes locaux qu’il n’écoutait plus. Il se livrait en même temps à quelques exercices d’élongation pour ne pas perdre un centimètre de sa taille en évitant tout affaissement des cartilages entre les vertèbres. Il n’était pas très grand et il avait décidé de voter Sarkosy, car c’était le seul président qu’il pourrait regarder dans les yeux sans avoir à se tordre le cou.
Vers 4 heures, il se rendait à la boulangerie à 300 mètres de là, en priant à nouveau. Il adressait souvent sa prière à la Sainte Vierge, la Sainte Mère à qui il recommandait ses enfants, sa petite Emma…Elle l’avait si souvent aidé.
Le boulanger, un certain Marie, lui confiait un sac de pain rassis qu’il devait remettre à Marie France, une marchande qui rangeait ses fruits et légumes depuis 3 heures du matin sur le petit marché de la Darse. Il devait sans doute en être amoureux car dans la pénombre du petit matin André avait remarqué qu’elle avait des contours agréables. Il ne distinguait pas bien son visage à cause la nuit et de sa mauvaise vue. En échange Marie lui ajoutait 2 ou 3 petits pains de plus qu’il distribuait aux SDF du coin ou qu’il offrait parfois à la prostituée qui rentrait tôt le matin quand la soirée avait été mauvaise et que le client s’était fait rare. Elle ne manquait pas de lui proposer ses services. Il la remerciait gentiment mais lui assurait qu’il ne manquerait pas, de lui rendre visite un de ces soirs, promis juré, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais …Quand même pas, n’exagérons rien ! Après tout elle était belle et dans son désert sentimental et le problème qu’était sa vie c’était bien pratique : on paie et puis on s’en va…Et elle exhibait ses longues jambes. Ô la tentatrice ! Ô la corruptrice ! Mais Dieu lui pardonnera, Dieu leur pardonnerait car elle et lui étaient les laisser pour compte de la vie, les laisser pour compte de l’amour !
Il rentrait, mangeait, jetait un coup d’œil sur son cours en réfléchissant à quelques anecdotes dont il pourrait l’agrémenter, prenait une douche froide et se préparait pour partir. Il aimait beaucoup les parfums et sa lotion après rasage lui évitait de sentir l’odeur des corps mal lavés que lui imposait parfois la promiscuité des transports en commun.
Vers 5 heures 45, il était à nouveau dans la rue. Ce matin, il décida d’emprunter la rue Frébault et parvenu au 2/3 c’est alors qu’il l’aperçut, comme si c’était la première fois. Elle trônait là, inquiétante, au milieu de Pointe à Pitre. Avec son architecture curieuse elle le fascina dans le jour sombre qui levait. Sur l’une de ses faces un diablotin ricanait et 2 hydres à 3 têtes le fixaient. Au milieu de son front l’œil brillait et l’observait. Il eut une illumination soudaine : c’était leur antre, c’était là qu’ils avaient établi leur repaire, ceux qui depuis des mois lui pourrissaient la vie ; c’était la tour du diable, la tour infernale où se tapissaient le Groupe Loret, et Le Dentu et le Pansieri…et Orange, Ceux qui possédaient la Guadeloupe, ceux qui grâce à leur puissance financière achetaient tout : avocats, experts, syndicalistes, journalistes, et peut-être les juges ? Cette hydre qui lui pourrissait la vie depuis bientôt 3 ans. C’était elle que les indépendantistes avaient plastiquée au temps des années folles : prémonition ?
Machinalement, dans sa tête, il retourna les trois premières lettres du mot CECID, comme il avait vu faire le héros du film « 1999, La Fin Des Temps » et cela avait donné 1666.
Comme C E C donnait 666 : « Car c’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme et son nombre est six cent soixante-six » Apocalypse 13, 18
Il frémit et se sentit soudain très seul. Il pleura sur lui-même. Dans la pénombre du jour naissant personne ne s’apercevrait qu’il pleurait. Il leva les yeux au ciel et s’en remit totalement à Dieu. Il décida de ne plus rien décider, de ne plus rien entreprendre. Dieu y pourvoira… Même concernant la petite saleté qui poussait au bas de son ventre.
http://andrecharles.blogspot.com/
CHAPITRE 1
L’ANTRE DU DIABLE
Le réveil de son portable avait sonné 3h 30. Mais il était réveillé depuis ¾ heure déjà. Il l’avait programmé pour 3h30 afin de ne pas se réveiller à 2 heures. Il avait pris l’habitude de se réveiller très tôt, car il n’aimait pas dormir. Il n’aimait pas dormir car il n’aimait pas rêver. Il n’aimait pas rêver car ses rêves n’étaient pas des rêves. Sa petite EMMA…
Il s’assit sur son lit et pria. C’est la première chose qu’il faisait chaque matin. Il demandait à Dieu de protéger ses enfants, sa petite EMMA et lui-même. Ensuite il allumait sa cafetière car il aimait l’odeur du café qui lui rappelait sa mère. Il allumait son PC pour suivre le débat entre Jacques Julliard du Nouvel Obs et Luc Ferry l’ancien ministre de l’éducation qui avait remplacé Claude Imbert du Point. C’était comme toujours un débat enrichissant qui le consolait des bavardages stériles des éditorialistes locaux qu’il n’écoutait plus. Il se livrait en même temps à quelques exercices d’élongation pour ne pas perdre un centimètre de sa taille en évitant tout affaissement des cartilages entre les vertèbres. Il n’était pas très grand et il avait décidé de voter Sarkosy, car c’était le seul président qu’il pourrait regarder dans les yeux sans avoir à se tordre le cou.
Vers 4 heures, il se rendait à la boulangerie à 300 mètres de là, en priant à nouveau. Il adressait souvent sa prière à la Sainte Vierge, la Sainte Mère à qui il recommandait ses enfants, sa petite Emma…Elle l’avait si souvent aidé.
Le boulanger, un certain Marie, lui confiait un sac de pain rassis qu’il devait remettre à Marie France, une marchande qui rangeait ses fruits et légumes depuis 3 heures du matin sur le petit marché de la Darse. Il devait sans doute en être amoureux car dans la pénombre du petit matin André avait remarqué qu’elle avait des contours agréables. Il ne distinguait pas bien son visage à cause la nuit et de sa mauvaise vue. En échange Marie lui ajoutait 2 ou 3 petits pains de plus qu’il distribuait aux SDF du coin ou qu’il offrait parfois à la prostituée qui rentrait tôt le matin quand la soirée avait été mauvaise et que le client s’était fait rare. Elle ne manquait pas de lui proposer ses services. Il la remerciait gentiment mais lui assurait qu’il ne manquerait pas, de lui rendre visite un de ces soirs, promis juré, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais …Quand même pas, n’exagérons rien ! Après tout elle était belle et dans son désert sentimental et le problème qu’était sa vie c’était bien pratique : on paie et puis on s’en va…Et elle exhibait ses longues jambes. Ô la tentatrice ! Ô la corruptrice ! Mais Dieu lui pardonnera, Dieu leur pardonnerait car elle et lui étaient les laisser pour compte de la vie, les laisser pour compte de l’amour !
Il rentrait, mangeait, jetait un coup d’œil sur son cours en réfléchissant à quelques anecdotes dont il pourrait l’agrémenter, prenait une douche froide et se préparait pour partir. Il aimait beaucoup les parfums et sa lotion après rasage lui évitait de sentir l’odeur des corps mal lavés que lui imposait parfois la promiscuité des transports en commun.
Vers 5 heures 45, il était à nouveau dans la rue. Ce matin, il décida d’emprunter la rue Frébault et parvenu au 2/3 c’est alors qu’il l’aperçut, comme si c’était la première fois. Elle trônait là, inquiétante, au milieu de Pointe à Pitre. Avec son architecture curieuse elle le fascina dans le jour sombre qui levait. Sur l’une de ses faces un diablotin ricanait et 2 hydres à 3 têtes le fixaient. Au milieu de son front l’œil brillait et l’observait. Il eut une illumination soudaine : c’était leur antre, c’était là qu’ils avaient établi leur repaire, ceux qui depuis des mois lui pourrissaient la vie ; c’était la tour du diable, la tour infernale où se tapissaient le Groupe Loret, et Le Dentu et le Pansieri…et Orange, Ceux qui possédaient la Guadeloupe, ceux qui grâce à leur puissance financière achetaient tout : avocats, experts, syndicalistes, journalistes, et peut-être les juges ? Cette hydre qui lui pourrissait la vie depuis bientôt 3 ans. C’était elle que les indépendantistes avaient plastiquée au temps des années folles : prémonition ?
Machinalement, dans sa tête, il retourna les trois premières lettres du mot CECID, comme il avait vu faire le héros du film « 1999, La Fin Des Temps » et cela avait donné 1666.
Comme C E C donnait 666 : « Car c’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme et son nombre est six cent soixante-six » Apocalypse 13, 18
Il frémit et se sentit soudain très seul. Il pleura sur lui-même. Dans la pénombre du jour naissant personne ne s’apercevrait qu’il pleurait. Il leva les yeux au ciel et s’en remit totalement à Dieu. Il décida de ne plus rien décider, de ne plus rien entreprendre. Dieu y pourvoira… Même concernant la petite saleté qui poussait au bas de son ventre.
http://andrecharles.blogspot.com/
LA TOUR CECID 2 AVANT PROPOS
LA TOUR CECID
Avant propos.
La Tour Cécid ou comment des Martiniquais et des blancs en Guadeloupe ont cru ce que racontaient « les intellectuels » guadeloupéens, que nous étions tous des descendants d’esclaves donc des esclaves, faciles à acheter ou à effrayer. « Il est des idées d’une telle absurdité que seuls les intellectuels peuvent y croire » George ORWELL.
Car aussi vrai que le descendant d’un cochon est un cochon, le descendant d’un bœuf, un bœuf, le descendant d’un âne, un âne, le descendant d’une esclave est un esclave.
Il est grand temps que les Guadeloupéens abolissent l’esclavage dans leur tête. Delgrès et Ignace se sont battus et sont morts pour que l’esclavage soit aboli, pas pour que les Antillais en perpétuent le souvenir chaque année par une commémoration imbécile le 27 mai. Et maintenant aussi le 10 mai.
Quelle idée saugrenue de mettre dans un calendrier ce qui aurait dû rester dans les livres d’histoire ! Quelle idée de se déclarer fier d’être des descendants d’esclave. C’est une perversion de l’esprit !
Articles 12 et 13 du Code noir de 1685 ou 9 et 10 du Code noir de 1724.
Articles 12 et 9 : Les enfants qui naîtront de mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves, et non à ceux de leurs maris, si les maris et les femmes ont des maîtres différents.
Articles 13 et 10 : Voulons, si le mari esclave a épousé une femme libre, que les enfants, tant mâles que filles, suivent la condition de leur mère et soient libres comme elles, nonobstant la servitude de leur père ; et que, si le père est libre et la mère esclave, les enfants soient esclaves pareillement.
Avant propos.
La Tour Cécid ou comment des Martiniquais et des blancs en Guadeloupe ont cru ce que racontaient « les intellectuels » guadeloupéens, que nous étions tous des descendants d’esclaves donc des esclaves, faciles à acheter ou à effrayer. « Il est des idées d’une telle absurdité que seuls les intellectuels peuvent y croire » George ORWELL.
Car aussi vrai que le descendant d’un cochon est un cochon, le descendant d’un bœuf, un bœuf, le descendant d’un âne, un âne, le descendant d’une esclave est un esclave.
Il est grand temps que les Guadeloupéens abolissent l’esclavage dans leur tête. Delgrès et Ignace se sont battus et sont morts pour que l’esclavage soit aboli, pas pour que les Antillais en perpétuent le souvenir chaque année par une commémoration imbécile le 27 mai. Et maintenant aussi le 10 mai.
Quelle idée saugrenue de mettre dans un calendrier ce qui aurait dû rester dans les livres d’histoire ! Quelle idée de se déclarer fier d’être des descendants d’esclave. C’est une perversion de l’esprit !
Articles 12 et 13 du Code noir de 1685 ou 9 et 10 du Code noir de 1724.
Articles 12 et 9 : Les enfants qui naîtront de mariages entre esclaves seront esclaves et appartiendront aux maîtres des femmes esclaves, et non à ceux de leurs maris, si les maris et les femmes ont des maîtres différents.
Articles 13 et 10 : Voulons, si le mari esclave a épousé une femme libre, que les enfants, tant mâles que filles, suivent la condition de leur mère et soient libres comme elles, nonobstant la servitude de leur père ; et que, si le père est libre et la mère esclave, les enfants soient esclaves pareillement.
Inscription à :
Commentaires (Atom)
