mardi 28 octobre 2008

LA TOUR CECID 3 CHAPITRE 1 L'ANTRE DU DIABLE

LA TOUR CECID

CHAPITRE 1
L’ANTRE DU DIABLE

Le réveil de son portable avait sonné 3h 30. Mais il était réveillé depuis ¾ heure déjà. Il l’avait programmé pour 3h30 afin de ne pas se réveiller à 2 heures. Il avait pris l’habitude de se réveiller très tôt, car il n’aimait pas dormir. Il n’aimait pas dormir car il n’aimait pas rêver. Il n’aimait pas rêver car ses rêves n’étaient pas des rêves. Sa petite EMMA…
Il s’assit sur son lit et pria. C’est la première chose qu’il faisait chaque matin. Il demandait à Dieu de protéger ses enfants, sa petite EMMA et lui-même. Ensuite il allumait sa cafetière car il aimait l’odeur du café qui lui rappelait sa mère. Il allumait son PC pour suivre le débat entre Jacques Julliard du Nouvel Obs et Luc Ferry l’ancien ministre de l’éducation qui avait remplacé Claude Imbert du Point. C’était comme toujours un débat enrichissant qui le consolait des bavardages stériles des éditorialistes locaux qu’il n’écoutait plus. Il se livrait en même temps à quelques exercices d’élongation pour ne pas perdre un centimètre de sa taille en évitant tout affaissement des cartilages entre les vertèbres. Il n’était pas très grand et il avait décidé de voter Sarkosy, car c’était le seul président qu’il pourrait regarder dans les yeux sans avoir à se tordre le cou.
Vers 4 heures, il se rendait à la boulangerie à 300 mètres de là, en priant à nouveau. Il adressait souvent sa prière à la Sainte Vierge, la Sainte Mère à qui il recommandait ses enfants, sa petite Emma…Elle l’avait si souvent aidé.
Le boulanger, un certain Marie, lui confiait un sac de pain rassis qu’il devait remettre à Marie France, une marchande qui rangeait ses fruits et légumes depuis 3 heures du matin sur le petit marché de la Darse. Il devait sans doute en être amoureux car dans la pénombre du petit matin André avait remarqué qu’elle avait des contours agréables. Il ne distinguait pas bien son visage à cause la nuit et de sa mauvaise vue. En échange Marie lui ajoutait 2 ou 3 petits pains de plus qu’il distribuait aux SDF du coin ou qu’il offrait parfois à la prostituée qui rentrait tôt le matin quand la soirée avait été mauvaise et que le client s’était fait rare. Elle ne manquait pas de lui proposer ses services. Il la remerciait gentiment mais lui assurait qu’il ne manquerait pas, de lui rendre visite un de ces soirs, promis juré, croix de bois, croix de fer, si je mens je vais …Quand même pas, n’exagérons rien ! Après tout elle était belle et dans son désert sentimental et le problème qu’était sa vie c’était bien pratique : on paie et puis on s’en va…Et elle exhibait ses longues jambes. Ô la tentatrice ! Ô la corruptrice ! Mais Dieu lui pardonnera, Dieu leur pardonnerait car elle et lui étaient les laisser pour compte de la vie, les laisser pour compte de l’amour !
Il rentrait, mangeait, jetait un coup d’œil sur son cours en réfléchissant à quelques anecdotes dont il pourrait l’agrémenter, prenait une douche froide et se préparait pour partir. Il aimait beaucoup les parfums et sa lotion après rasage lui évitait de sentir l’odeur des corps mal lavés que lui imposait parfois la promiscuité des transports en commun.
Vers 5 heures 45, il était à nouveau dans la rue. Ce matin, il décida d’emprunter la rue Frébault et parvenu au 2/3 c’est alors qu’il l’aperçut, comme si c’était la première fois. Elle trônait là, inquiétante, au milieu de Pointe à Pitre. Avec son architecture curieuse elle le fascina dans le jour sombre qui levait. Sur l’une de ses faces un diablotin ricanait et 2 hydres à 3 têtes le fixaient. Au milieu de son front l’œil brillait et l’observait. Il eut une illumination soudaine : c’était leur antre, c’était là qu’ils avaient établi leur repaire, ceux qui depuis des mois lui pourrissaient la vie ; c’était la tour du diable, la tour infernale où se tapissaient le Groupe Loret, et Le Dentu et le Pansieri…et Orange, Ceux qui possédaient la Guadeloupe, ceux qui grâce à leur puissance financière achetaient tout : avocats, experts, syndicalistes, journalistes, et peut-être les juges ? Cette hydre qui lui pourrissait la vie depuis bientôt 3 ans. C’était elle que les indépendantistes avaient plastiquée au temps des années folles : prémonition ?
Machinalement, dans sa tête, il retourna les trois premières lettres du mot CECID, comme il avait vu faire le héros du film « 1999, La Fin Des Temps » et cela avait donné 1666.
Comme C E C donnait 666 : « Car c’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme et son nombre est six cent soixante-six » Apocalypse 13, 18
Il frémit et se sentit soudain très seul. Il pleura sur lui-même. Dans la pénombre du jour naissant personne ne s’apercevrait qu’il pleurait. Il leva les yeux au ciel et s’en remit totalement à Dieu. Il décida de ne plus rien décider, de ne plus rien entreprendre. Dieu y pourvoira… Même concernant la petite saleté qui poussait au bas de son ventre.
http://andrecharles.blogspot.com/

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