LA TOUR CECID
CHAPITRE 5
« COMME UN MALPROPRE »
André marchait rapidement le long de la voie rapide, en direction de Fonds Sahaï. C’était sa façon de se détendre. Il avait lu sous la plume du grand professeur de psychiatrie, SERVAN SREIBER, que la marche ou le jogging état un excellent moyen de vaincre le stress ou la colère. Au bout d’une demi-heure, le cerveau produit des endomorphines qui anesthésient colère, haine et tout le stress accumulé au long de la journée. Cela valait tous les psychotropes dont les psychiatres bourrent leurs patientes. Il connaissait que dans endomorphine, il y a morphine, précisait-il à ses compagnons de rencontre. Et cela marchait.
Car de la colère il en avait : contre son ex-femme, contre ses avocats, contre les juges, contre ses compatriotes qui se faisaient appelés GWADAS, contre les pédophiles qui étaient responsables de beaucoup de vies brisées et de la sienne notamment. Il était ce qu’on appelle un dommage collatéral. En Martinique lui avait confié un membre de l’Association contre la maltraitance, « Enfance et Partage », deux petites filles sur trois sont victimes d’inceste, soit de la part d’un beau-père, d’un père ou d’un oncle. André espéra qu’il exagérait. Il pesta un peu contre DIEU, mais regretta bien vite son blasphème. Les endomorphines commençaient à agir.
Un joggeur rapide qu’il ne reconnut pas le doubla. Il connaissait presque tous les marcheurs qui empruntaient ce parcours l’après-midi à force de les rencontrer. Il décida qu’il s’arrêterait au niveau de la prison, car le soir tombait vite à cette époque de l’année. Et puis se retrouver seul avec ce garçon qu’il ne connaissait pas vers le pont de l’Alliance…Sur le chemin du retour, le joggeur rapide le rattrapa et se mit à marcher à son rythme. André aima bien. Le retour serait plus rapide et un peu de conversation lui ferait du bien. On apprend beaucoup lors de ces rencontres fortuites avec des gens de toutes les professions. Mais il s’étonna que le jeune homme ne le rattrapât qu’au niveau de But. Avait-il été retardé ?
Il ne comprit pas, ni pourquoi, ni comment la conversation roula sur PANSIERI. Il se trouvait là, à parler de PANSIERI avec un parfait inconnu.
n Tu travailles chez SOGUADIA ?
n Non !
n Alors comment connais-tu PANSIERI ?
n Je travaille pour lui. Je lui fais quelques menus travaux. C’est un homme intelligent mais dur. Il a été viré comme un malpropre !
n Ah !... Tu me connais, s’inquiéta André, tu connais mon dossier ?
n Oui.
André était rassuré car on approchait de Grand Camp et on croisait des passants. Le joggeur prit congé.
n Dis-moi, son départ a un rapport avec l’incident sur ma voiture ? Dis-moi au moins ton nom !
n Je n’ai rien à te dire, Adieu !
André ne le revit plus jamais sur le parcours.
A peine arrivé chez lui, André consulta ses dossiers pour faire le point sur un incident qui avait failli lui coûter la vie et peut-être à plusieurs autres personnes si la roue de sa voiture s’était détachée avant d’arriver au collège. Ses collègues l’avaient félicité de la chance qu’il avait.
Le 30 mai 2006, il louait une voiture pour se rendre au WTC à Jarry et remettre son dossier à M. BAROIN, le ministre des DOM. dont le père avait été mêlé au scandale de la GMF à Saint Martin. Il espérait que pour ne plus entendre parler de la GMF, il l’aiderait à obtenir les pièces qu’il réclamait à Mme NEGRIT qui dirigeait la société aux Antilles Guyane. Il conservait la voiture pour se rendre à son travail à Goyave le lendemain et la garait devant son appartement à Pointe à Pitre.
Le lendemain à 8 heures il se gara devant son collège à Goyave descendit et claqua la portière. La roue avant gauche sortit de son axe et l’avant de la voiture s’affaissa. Elle était retenue par un boulon tordu. André appela le loueur et lui passa un savon. Le pauvre ne comprenait pas. Il avait fait réparer cette roue par un garage qui lui donnait à ce jour toute satisfaction. Il vérifia l’autre roue avant et s’aperçut que les boulons avaient été aussi desserrés. Il conclut à un sabotage.
Le 1er juin, André déposait une main courante à la police et exprimait sa colère à Automobiles Citroën par courrier :
Hier, mardi 30 Mai 06, j’ai loué une voiture pour remettre mon dossier à M. BAROIN au WTC, à Jarry. Je l’ai gardé pour me rendre à mon travail ce matin à Goyave à 24 km de Pointe à Pitre. Quand je me suis garé devant mon collège, la roue avant gauche retenue par un seul boulon est sortie de son axe. Je ne sais par quel miracle je suis arrivé au collège sans provoquer un drame. J’en ai été bouleversé de la matinée et je me suis demandé si ce n’était pas une tentative de votre part pour m’éliminer. Cela vous aurait bien arrangés que je disparaisse ce matin. Je vais porter cet incident à votre débit.
Combien vaut une vie, pour vous autres ?
Combien vaut ma vie ? Si vous aviez réussi dans votre entreprise pour me désespérer, combien la collectivité aurait-elle dépensé pour me prendre en charge ? A moins que je n’eusse rejoint la cohorte des ombres qui hante les rues de Pointe à Pitre
Le 20 juin 2006, Philippe Marcel PANSIERI était « viré comme un malpropre » de la SOGUADIA par une Assemblée Générale Ordinaire Anticipée, une AGOA comme ils disent dans le jargon d’entreprises. Viré également et le même jour de la SOLOMAT, Société de Location Martiniquaise dont il était co-gérant et remplacé rapidement par l’aimable M. LEDANTU dans les deux sociétés.
En consultant les annonces légales des nouvelles étincelles dont il était devenu un lecteur assidu, André comprit les silences du Joggeur et décida de se montrer plus prudent. Et il regretta à nouveau son blasphème.
Voir blog : http://andrecharles.blogspot.com/
dimanche 9 novembre 2008
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